Présentation par Xavier Naudeau, ancien étudiant à HETIC

En dehors de la vision macro qu’il est possible d’apporter à l’analyse de cette école, je pense qu’il est important d’apporter un avis d’HETIC global sur son fonctionnement, ses réussites et ses points faibles.

Une école à taille humaine

S’il est vrai qu’aujourd’hui HETIC reste une petite structure dans l’environnement des grandes écoles post-BAC, il ne faut pas oublier sa démarche unique lors de son lancement de cibler les étudiants issus de parcours divers mais essentiellement de DUT SRC. En tant qu’une des premières écoles formant à un BAC+5 tournée vers le Web, HETIC a su s’imposer dans le petit monde des écoles d’internet comme un pionnier.
Cependant, cela comporte un effet à double tranchant.

HETIC, un leader débutant

Tout d’abord, je qualifie HETIC de leader non de manière partisane mais par expérience du parcours des “junior” intégrant des postes clefs en entreprise. Et c’est donc en tant que “leader” qu’HETIC a dû essuyer les plâtres dans son domaine, notamment pour la formation aux métiers d’internet et surtout pour le contact avec les entreprises.

Hetic, les pionniers de la formation Web

Toute la difficulté d’ouvrir la voie en terrain inconnue

Par rapport à ces 2 points, HETIC a fait le choix d’axer le parcours de ses étudiants sur la pluridisciplinarité, d’offrir un aperçu global de ce qui se fait sur le web. Mais là où une formation classique poserait des bases une année et spécialiserait les années suivantes, HETIC perpétue, à tort ou à raison, l’ouverture durant les différentes années. Il est facile alors d’imaginer les sources d’échecs possibles pour les personnes à compétences “techniques” dans des matières “marketing” et inversement. Heureusement, chaque année n’est pas fortement thématisée “marketing” ou “artistique” ou “développement” permettant à tous les profils d’évoluer sans arriver dans l’impasse et je pense que cet avis est partagé de l’ensemble des étudiants.
Alors pourquoi ce parcours d’apparence si surfacique ? Tout simplement car le web est vaste, et c’est là toute la difficulté d’un enseignement tourné vers internet. Et cette logique va plus loin, face à une demande toujours croissante de profils “internet”. Cette demande se traduit aujourd’hui par une recherche de profils pluri-compétents et non spécialisés chez les juniors, indiquant 2 choses, tout d’abord un constat du monde de l’entreprise de l’incapacité du système éducatif à former en quantité suffisante des étudiants sur des problématiques web et par conséquent d’avoir des spécialistes dès BAC+5 et d’autre part cela confirme la stratégie gagnante d’HETIC à vouloir faire une formation qui va avec son temps et son environnement. Hasard de parcours ou vision clairvoyante, l’actuel temps de crise que subit l’économie française favorise l’embauche de profils junior pluri-compétents, là où les profils hyper spécialisés ne remplissent pas forcément les critères de souplesse pour un nouveau diplômé.
Alors oui il est vrai qu’HETIC a bien réussi son implémentation auprès des entreprises en formant de manière efficace ses étudiants, mais à l’heure où des entreprises s’impatientent et se rassemblent pour créer d’un fond commun leur école d’internet à l’image de l’EEMI, quelle doit être la réaction d’HETIC ?
Actuellement la concurrence n’existe pas vraiment puisque la demande dépasse encore largement ce que peuvent diplômer les 2 écoles réunies chaque année, mais qu’en sera-t-il quand d’autres écoles vont se créer ? Le milieu des écoles de l’internet va-t-il se transformer en un nouveau milieu des écoles d’ingénieurs ? D’école de commerce ?

Le côté obscur d’HETIC

Comme je le disais dans mon introduction, HETIC est une école à taille humaine, et cela se traduit dans son choix d’avoir une évolution qualitative et non quantitative de leurs diplômés. Et cela se voit au travers des avis sur HETIC que l’on peut trouver sur internet ou auprès des entreprises.
Cependant il reste un point important, mais trop laissé de côté à mon goût, l’ouverture à l’international. Et c’est là l’un des principaux points faibles d’HETIC. Bien que des cours d’anglais soient dispensés, ils ne représentent pas une part suffisamment importante dans les matières du parcours. Autre point, il est impossible d’envisager une alternance à l’étranger en dernière année, le format de cours le matin et entreprise l’après midi empêche toute ouverture à l’international en 5ème année, mais je reviendrai là dessus dans un autre billet.
C’est à mon avis l’une des erreurs potentielles d’HETIC de ne pas avoir voulu activer ce levier pourtant très mis en avant par les autres écoles post-BAC, d’autant plus que le web est, par essence anglophone.

L'international, un point de discorde à HETIC

La langue de shakespeare un peu délaissée à HETIC

Je terminerai donc ce billet en revenant sur un point essentiel à mes yeux, la formation.
Pour avoir été dans un parcours de type école d’ingénieur juste avant d’intégrer HETIC, j’ai une idée plus que concrète de ce que représente le suivi de cours sans intérêt par rapport à mon objectif professionnel. Avec le recul je peux affirmer sans trop de difficulté qu’en dehors des cours de graphismes (ma promotion comprendra pourquoi), tous les cours ont été au moins intéressant et au mieux source de motivation. Le fait de mettre à jour chaque année le programme d’étude favorise non seulement l’attention des étudiants et leur compétitivité une fois sur le marché du travail mais permet aussi, dans une moindre mesure, de limiter la tricherie…

2 Responses so far.

  1. Lucie says:

    “Avec le recul je peux affirmer sans trop de difficulté qu’en dehors des cours de graphismes (ma promotion comprendra pourquoi), tous les cours ont été au moins intéressant et au mieux source de motivation.”

    Bonjour,

    Je suis très intéressée par hétic et j’aurai voulu avoir plus de précisions quant au cours de graphisme – je viens d’un cursus artistique et j’aurai souhaité me réorienter.

  2. Maxime G. says:

    En ce qui me cocerne, j’avais approché Hetic il y a de cela un peu plus d’un an, sortant d’une grande école généraliste et rencontrant (logiquement ?) des difficultés à trouver un emploi stable.

    J’ai trouvé le discours de Monsieur Chomel, en charge du recrutement, très bien construit, et me suis dit qu’avec une telle réflexion derrière, le concept ne pouvait que faire mouche.

    Finalement, j’ai fait une formation professionnelle, plus rapide et plus compacte, car je commencais à être un peu âgé pour commencer le cursus depuis le début. Mais je demeure convaincu que c’est un excellent choix si vous venez d’obtenir le bac et/ou jusqu’à bac+2 ou +3.